dimanche 27 décembre 2009

Jamais

Hello blog de mon coeur. Hello lecteurs hypocondriaques. Hello monde barbare.



Je reprend la plume bubonique pour la pige alcoolisée d'une nuit de mélancolie.

Je reprends le clavier pour dire à personne combien je t'aime.

Je me perds, salement amoché sur des sentiers de routines alimentaires.

Pas une ligne, pas un mot allongé sur le papier virtuel depuis des semaines, des mois, des millénaires. Si chaque jour, la vie tue dans l'œuf des milliers d'embryons amphibiens, la société occidentale extermine sans vergogne et par conteneurs les élans créatifs de ses jeunes chats sauvages. Au diable la domestication, à mort le dogme du frigo à moitié plein, à chier le smic et autre rsa fantôme. Entre vie et mort, entre rêve et cauchemar, la vie aux 40heures payées 35, le démantèlement des esprits critiques par la pression sociale ou tout simplement, par la nécessité d'un toit et d'un radiateur en plein moi de janvier en France, dans le Doubs. Peuvent bien rire les gros bonnets de l'establishment, peuvent bien raler les nazes qui font tourner ce monde, c'est pas demain que les blaireaux dans mon genre auront droit de citer dans ce monde délabré.

Sinon, à part ça, ca va. Merci.

jeudi 12 novembre 2009

Besac calling

Ici radio Nousdeux qui émet une dernière fois avant déconnection.

Nousdeuxalenvers est mis de côté jusqu'à nouvel ordre. Sûrement jusqu'à ce que nousdeux retrouve internet à domicile. Mais pas d'inquiétude, votre conteur favori ne range pas sa plume pour autant et s'affaire à la rédaction d'autres histoires plus passionnantes encore.
A lire sur la toile, peut être...

A part ça, tout va bien dans le meilleur des mondes. Sophie a retrouvé Mégevand et les emplois du temps décousus, quant à Nono, il bosse dans un centre AD où il vend plaquettes, disques, embrayages et autres babioles pour automobiles en souffrance.
Nous avons emménagé dans un petit mais confortable appartement d'où flotte, tel l'étendard de notre passion, l'oriflamme flamboyant et armoiries de notre amour...

Je terminerai ces mots par une pensée subversive et efficace de mon maître spirituel:

This is the stuff. Absolute mayhem!
J.S.

Bonne chance ami.

Nousdeux

dimanche 24 mai 2009

Le pays des vertes années

Les amis,

Deux ou trois mots sur notre cahier de voyage pour vous rassurer.

Nos dernières pérégrinations australes se sont bien déroulées, tellement bien d'ailleurs que se ne sont pas moins de 5000 kilomètres de bitumes et de pistes tordus qui souffrent désormais des traces de notre passage. 5000 kilomètres de plus au compteur du van que nous avons rendu, il y a deux jours, sans la moindre éraflure. Avec 3000 dollars de caution au cul, il est vrai que nous n'avons pas souvent oublié de clignoter ni de regarder dans les rétros, enfin...

Nous sommes actuellement sur Sydney, il y fait presque beau et les températures sont douces. Dernière journée dans l'hémisphère sud (jusqu'à la prochaine) et puis demain l'avion, 24 heures, et après demain la France, la conduite à droite et vous.

J'anticipe un peu mais voila, c'est fini. En tout cas en ce qui concerne les faits, car le blog lui ne s'arrêtera pas tant que nous n'aurons pas colmaté ce vide de 5 mois de récits tous plus jubilatoires et époustouflant les uns que les autres. Plus vraiment pour le fameux cordon qui nous tient tant à cœur mais surtout parce que si les paroles s'envolent, les écrits restent eux, les cons...

mercredi 18 février 2009

We do well in gton (mort de rire)

Journée pain de sucre, sirop d'érable, dîner chez l'Antoine et la Juliette un dimanche midi. Sweet, very sweet, dans la douceur estivale de Wellington. Pas besoin de marcher, nos corps se meuvent d'eux même. On observe le gens, les arbres, les bâtiments. On se laisse imprégner par la douceur de l'instant, sans sac à dos, sans appareil photo, magique. On se permet, un peu, beaucoup. Terrasse à l'ombre. Il est vrai que tu as toujours un salaud pour passer la débroussailleuse justement à ce moment là, mais imperturbable nous sommes. Et puis, faut bien qu'il y en ai qui bosse, bordel!

Avons nous fait l'amour ce jour là mon ange? Avant ou après le saké? Les draps s'en souviennent ils? Les voisins aussi! Merde. Tant pis pour eux. Tant mieux pour nous.

mardi 17 février 2009

Voyage à Kaboul


Dernière nuit sur l'île. Nous avons planté la tente dans un petit coin pénard. Rien à signaler sauf peut être que quelqu'un est venu pendant la nuit essayer de nous réveiller. Nous apprenons au réveil qu'il s'agissait d'une vieille hippie hirsute, lorsque cette dernière est venue nous entretenir de sa nuit fantasia. Elle voulait nous faire voir la mer fluorescente toute proche. Nous n'osons pas lui avouer que nous n'avions plus de LSD...
Il fait beau. Il fait ciel bleu. Il fait coeur léger. Nous prenons le bateau dans le sens du retour. Après un petit mois à se déplacer tout les jours -pas si facile la vie de nomade- nous sommes plus que satisfait de passer 3 jours et 2 nuits dans le confort bourgeois d'une chambre d'hôtel de Wellington. Pour sûr qu'on va s'en foutre plein la panse des draps propres, des douches et des chiottes rien que pour nous. Nos économies? Pas de quoi ouvrir un compte en Suisse. Rien à foutre. Lundi nous repartons pour 2 mois de vergers, d'échelles et de commodités en commun. Largement de quoi se refaire.
Vers 14h, voilà donc l'équipée sauvage embarquée sur le ferry direction la capitale Néo Zélandaise. Vers 17h, nous foulons pour la seconde fois de notre vie le Waterloo quai (nous sommes dans un pays du commonwealth si jamais tu avais oublié, ndlr). L'auberge de jeunesse se trouve à cinquante mètres du port. Notre chambre, une vraie comme dans les films, avec sa propre douche, son propre chiotte, ses serviettes blanches épaisses. Nous sommes dans un palace. Grisant, mais il est vrai que tout est relatif et, mis à part peut être la banquette d'une 2 chevaux, rien ne pourrait nous paraître plus spartiate qu'une nuit dans notre barquette de frites. Nous sommes euphorique, alors ce soir, comme prévu depuis le départ, c'est la tournée des grands ducs, la Grande Bouffe, le banquet final d'un petit village de gaulois d'Armorique, bref, c'est du grand Nousdeux. Sur une terrasse, avec vue sur le port. Une fois de plus, on fait plaisir au tavernier qui certe, n'a pas besoin de ça, mais quand même. Sûr que nous ne sommes pas les plus élégants, peut être les plus authentiques, sans tricher, le poitrail nu tire en plein coeur.
Tradition oblige, nous sommes les derniers partis. La visa chauffe un coup mais, ogres d'un soir, nous ne sommes pas rassasiés pour autant. Nous partons à la recherche d'une gargote de marin encore ouverte. Problème, Wellington n'est pas Amsterdam et notre GPS est toujours en rade. Nous enchaînons venelles vides sur venelles vides. A contre coeur mais pas désespérés, nous rentrons à l'auberge qui, finalement, est le dernier endroit encore en vie de la ville. Nous y boirons quelques bières avec Laurent, suisse roman de son état, de retour d'un voyage en Afghanistan, en Chine, en Mongolie... Pendant des heures, sur le balcon de l'hôtel, nous l'écoutons nous raconter ses voyages. Il nous conseil de lire la "prophétie des andes" de James Redfield et "L'usage du monde", de Nicolas Bouvier. D'ailleurs, il faudra que je pense à les lire, un jour.
Vers 3 heure du matin, nous quittons notre improbable compagnon d'une nuit, ravis, heureux, amoureux, spongieux, fatigués, comblés, rassurés, vivants.

lundi 16 février 2009

Fin de parcours

La suite de notre parcours ressemble un peu à celui de ces bouteilles que nous jetions à la mer, un mot au travers du goulot, ou à ces ballons qu'on lâches dans le ciel, une carte postale nouée à un fil de soie. Destiné à l'autre, et tant pis s'il répond dans d'obscurs alphabets, ils dérivent au gré des courants, un instant au creux de la vague, celui d'après surfant sur la houle, le remous, l'écume ou la tempête. Bouteilles et ballons finiront par s'échouer quelque part à marée descendante, sur la grève, le sable fin ou resteront perchés dans les ramures d'un quelconque érable sycomore. Est ce qu'un gamin trouvera le message de paix et d'amour dessiné aux gros feutres rouges? Déchiffrera-t-il le message, SOS, mots gentils ou invitation à venir dîner, comme on espère que les habitants d'un autre cosmos comprendrons ces messages qui naviguent aux hasards de l'univers convexe?
Enfin, pas grand chose de concret à raconter sans tomber dans le "déjà vu". Villes toujours identiques, même si Christchurch possède quelques attraits jolis qui plairont aux touristes. La côte Est de l'île Sud sous la pluie reste un peu triste à pleurer. Dévastée par l'agriculture ou gris jaune comme une terre, après l'incendie, qui peine à se renouveler. Et toujours cette veille putain de Sylvie Culture et son connard d'amant Monsieur Sylvestre Pin. Une semaine de maigres compensations et de petits plaisirs gracieux ou non. Enfin, une dernière semaine pour bien saisir la différence entre eux et nous. Exemple:

Nous n'avions pas cédé à la tentation de nous faire transporter par avion pour une rando de l'extrême dans le Mt Aspiring nat. park, alors nous avions très envie de nous offrir la fameuse Queen Charlotte Sound et par conséquent, d'embarquer sur une coquille de noix direction l'autre bout du chenal et le kilomètre 0 de la rando. Mais les tours opérateurs et leur forfait ont ici encore plus qu'ailleurs piratés puis sabordés l'authenticité du parcourt. Ô New ziland, tu t'es bien battue, mais ici comme ailleurs les sirènes du tourisme de masse ont dézinguées tes dernières lueurs sauvages. Et maintenant, des grosses vaches ménopausées font les courses que nous refusons parce que trop cher, parce que sans vaseline mais avec une poignée de gros graviers. On portera leur sac et elles coucherons leur miches graisseuses dans des bungalows, les muries. A nous Nadia track et la pauvreté de ton paysage. A nous les fastes de la solitude. C'est tout ce qu'on pouvait se payer pour le prix de notre sueur. Ces gros porcs ne peuvent rester cantonner à Bali, Giseh, La grande motte... Ils viennent encore jusqu'ici, pourrir ta légendaire aura, pour qu'après tout ça, il ne reste définitivement plus rien à salir. Le comble, c'est que noyé dans la masse, nous ne valons guère mieux. Le pire, c'est de se rendre compte trop tard que d'autres façons de découvrir l'île étaient à notre portée. Cruelle Ignorance, quand tu nous tiens...
La prochaine fois, je te promets un message joyeux et plein d'espoir.

Fin de parcours (en photos)




































lundi 9 février 2009

Là où l'on enferme les Albatros...

On roule. On s'arrête. On regarde. Des fois, on rencontre des gens. Des fois, on parle à personne. Des fois il fait beau. Des fois il pleut. Des fois on plante la tente, des fois on dort dans la voiture (de plus en plus confortable, peut être on rapetissais-je?). Des fois on mange des pâtes et une fois on mange des sushi. Surtout, on ne se laisse pas abattre par toute la connerie environnante de ce monde absurde. La journée à Dunedin fut étrange. On s'est beaucoup promené malgré le temps électrique. Les ions sont partout. La chaleur étouffante. Pourtant, il y a beaucoup d'air, des nuages et un soleil orange. Impossible de définir réellement ce jour apocalypse. Nous apprendrons un peu plus tard que nous ressentions les effets des incendies dans l'état de Victoria de l'Australie voisine (+ de 2000 km quand même). Époustouflant.

Finalement on se retrouve sur la péninsule de l'Otago pour un vieux délire baudelairien. Voir des Albatros. Il y a, au bout de la péninsule, une petite colonie du géant misanthrope, la seule dans un environnement ""continental"". Une petite colonie où les oiseaux marins viennent mettre au monde une nouvelle génération. Difficile d'échapper au phénomène tant la com touristique de la région est portée par le site. Du coup nous nous prenons à rêver:


Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.


A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.


Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!


Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher...


C.B.


Oui mais voilà, le site est également une ancienne prison. Un fort avec des grillages et des barbelés au dessus. "Pour protéger les précieux animaux de la débilité ponctuelle d'un potentiel aliéné", me direz vous. "Pour faire du fric sur une richesse qui n'appartient à personne", vous répondrai-je. La première comme excuse, la seconde comme évidence. Nous profitons tout de même de l'exposition mais quittons exaspérés le cachot. Bientôt les jeunes albatros partirons pour 5 années loin de la terre ferme. 5 années de vol au dessus de l'océan. Des milliers de kilomètres avant de retrouver les terres émergées et à son tour, donner le jour à une nouvelle génération. Vous ai-je déjà dis que j'enviais les oiseaux?


jeudi 5 février 2009

La visite de la bay curieuse au pays du vent

Nous sommes désormais à Invercargill. Si nous y sommes si tôt c'est que nous avons pris la lourde décision de snober la principale attraction de l'île sud, Fiordland. On ne va pas s'étendre là dessus et je reconnais une certaine contradiction chez le voyageur qui condamne le tourisme. Pas facile de saisir la nuance. Enfin, toujours est il que nous sommes désormais dans un petite ville pas trop moche, devant un musée accoudé à un jardin botanique superbe. Nous visitons les deux. Nous rencontrons le Tuatara derrière son plexiglas. Reptile préhistorique. C'est Denver avec un troisième oeil. Il parait qu'il descend tout droit du jurassique, pas la moindre évolution depuis. Ça nous impressionne mais la question se pose quand même. Est ce un crime suffisant pour être enfermé dans une cage?!? mmmmmffffff... En tout cas, il doit être sacrément mélancolique et regretter le temps béni des tyrannosaures.



Un peu plus tard dans l'après midi, Nono, assis sur un banc, voit revenir vers lui sa belle qui rayonne comme au plus beau jour. Des hêtres géants lui font une haie d'honneur. Ils se retournent sur son passage. Ils la dévorent des yeux. Elle est un univers de volupté, de grâce, de bonheur. Je suis amoureux. Après midi magique sous le soleil d'Invercargill, dans sa tranquillité de petite ville paumé du bout du monde. Après midi inoubliable. Après midi avec toi.



Vers 5 heure on se casse de là. On roule jusqu'à un camping dans Curio bay. Nous nous arrêtons plusieurs fois sur la route pour nos retrouvailles joyeuses avec l'océan et les habitants des plages. Les huîtriers donnent la leçon à leur petit. Les algues se dessèchent au soleil. Les gros lions de mer ouvrent à peine un oeil lorsque nous passons à côté d'eux. Dire que ces gros tas de gras passent la majeur partie de leur journée à glander au soleil...



Derrière nous les mastodontes, devant nous notre nid pour la nuit. Un petit camp au milieu des flaxes (typique roseau-chanvre néo-zélandais) et des phoques avachies. Les canisses sont faites de végétations florissantes, abris anti 40ième rugissant. les commodités plus que sommaire. Deux espèces de vieux bunker rouillés superbe de décrépitude réaménagés en micro-cuisine et douche. En fin de soirée, toujours dans une décontraction rare, nous partons visiter nos voisins pingouins sur une forêt fossile pour une petite leçon d'abnégation parentale...

mardi 3 février 2009

Queenstone

Descente tranquille, sereine, avec le soleil. RAS. Sauf peut être que Sophie a fait tomber dans le ruisseau les godasses qu'elle avait précautionneusement enlevées pour éviter de les mouiller. Les pieds gelés et les chaussures trempées malgré tout. Nono a bien ri.

On se barre à Queenstone, les cheveux dans le vent, Mister Iggy chantant rien que pour nous. Finalement, Queenstone. Ville mythique du grand large sudiste. Fait partie de la mythologie des aficionados des sports à forte sensation sans le moindre risque. Fait partie de la mythologie de tout ceux qui aiment à dire, "j'y ai été en hiver comme en automne". Queenstone c'est aussi le fief de tous les tours opérateurs qui vous embarquent sur les traces de Frodon et de cet ersatz de Tolkien, j'ai nommé Peter Jackson. Queenstone, ville fantôme pleine comme un oeuf. Queenstone, pas de lit sans réservation mais des vans plein le parking des hôtels. Queenstone, j'ai trouvé que tu puais la merde et l'hypocrisie. On est pas resté longtemps, mais le cap d'Agde, ou Valras, quand j'étais petit, m'ont vacciné contre la superficialité de ton peuple sauvage et de leur ray ban et de leur morgue. Mais il en faut pour tous parait il. Passons.


Nous avons planté la tente un peu plus loin, refait le plein de victuailles, et surtout, surtout, dépensé beaucoup d'argent dans un inavouable et odieux festin. Tu l'insultes encore ta civili civila civilalisation connard? Bonne nuit.

lundi 2 février 2009

Pour le cri du Kéa

Aujourd'hui ascension du mont Armstrong. 1700m de dénivelé. Il va falloir être costaud. On se retrouve là après une journée à hésiter, avancer, reculer, fuir la pluie, le doute, le ras le bol. Les aventures picaresques c'est bien, mais l'absence totale de planning nuit parfois à la sérénité. Bof! Il fait beau aujourd'hui et nous pensons savoir où l'on dormira ce soir. Autre bonne nouvelle, une seule rivière à traverser, à gué, sur tout l'ensemble du parcours. Problème, il est à peine 8 heure et nous sommes déjà devant. On enlève les chaussures et plongeons nous arpions timides dans le cours d'eau docile mais glacial. Les galets nous défoncent la plante des pieds tandis que l'eau fraîchement redevenue liquide nous brûle la peau. Réveil assuré et puis, tu nous diras, on en a vu d'autres...

Que dire de la montée? Deux heures dans la forêt sombre, Le vert des mousses, le poids du sac... Je ne refais pas le couplet. Nous voilà en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire en dehors de la limite forestière et nos ombres s'étalent sur une dizaine de mètres en direction de l'ouest au milieu des touffes de tussoks. En face, une partie des alpes et le mont Aspiring qui dépasse tout le monde d'une tête. Nous le saluons. Encore quelques centaines de mètres. Le sentier court sur le dos de la crête. Des deux côtés, la pente est tellement abrupte que nous avons l'impression parfois de marcher sur un fil. Nous ignorons le vertige et sur un petit plateau, nous apercevons le toit rouge de la hut. Nous sommes à mi parcourt, il est 10h30. A l'ombre des gros murs rouges, nous nous félicitons du chrono tout en ôtant nos habits trempés de sueur. La hut est un véritable refuge de haute montagne. Toute neuve, elle donne un peu l'impression d'un abri anti-atomique avec sa grosse porte capitonnée et sa poignée galiléenne. Un couple d'israélien occupe encore la chambre. Ils nous rendent difficilement le good morning que nous leur adressons gracieusement. Nous n'insistons pas. Face au glacier qui réverbère la lumière d'un soleil généreux, nous nous installons pour un petit casse dalle. Devant nous, le mont Brewster. Sommet: 2500m. Terrain de jeu des alpinistes confirmés ou débutants. Il me nargue ce con. Je m'en fous, je l'ignore. Tandis que nous avalons notre encas, une petite famille de blonds déboule. Nous engageons la conversation. Nous apprenons que c'est le baptême de montagne pour la petite dernière, Emily, 6 ans. Mille mètres dans les pattes pour une première. Pas mal. En tout cas, bon moyen pour savoir où elle en est la gamine. Si elle s'en sort sans chouiner, ce sera gagné. Sinon, il y a de grandes chances qu'elle finisse ses jours dans le dénivelé moins vache d'Auckland et ira passer ses vacances à Bali. Le père nous raconte son ascension du Mont Brewster. Il est beaucoup moins hautain qu'il n'en a l'air. De l'autre côté de la hut, nous rencontrons d'autres marcheurs qui viennent juste d'arriver. Voyant nos affaires étalées anarchiquement ici et là, ils nous conseillent de nous méfier des voleurs. Les Kéa, perroquets de montagne, rodent et ils sont de sacrés chapardeurs. "Les Kéa, répond Nono les yeux qui brillent, ils peuvent venir, je leur donne ce qu'ils veulent du moment qu'ils gardent la pose".
Les sacs allégés de quelques affaires, nous entamons la seconde partie de la montée. Cela ne parait pas si difficile vu d'en bas, mais la pente s'avère beaucoup plus chiée une fois sur le dos rond du mont bras fort et surtout, pas de balise mais des kerns disséminés par diverses bandes d'apprentis guide de montagne plus ou moins mongoles. Après s'être retrouvés une fois ou deux emmerdés par la débilité profonde des itinéraires bis, Nono décide d'ouvrir le chemin et de ne se fier qu'à sa lecture du coteau. Derrière, Sophie s'accroche, grimace, puise tout au fond pour arracher un sommet une nouvelle fois très mérité. Et quelle récompense encore. Pas la queue d'un cumulonimbus, pas de brume, pas de vent mais des glaciers, petits, grands, des falaises vertigineuses et la chaîne de montagnes, dressée, nous encerclant comme l'armée des soldats de Xi'an. Alors que Sophie se remet tant bien que mal de l'effort psychologique qu'a représenté pour elle la montée, Nono exulte de joie. Le comble pour un petit mec, c'est de se grandir assez pour atteindre le sommet des montagnes.

Le temps s'est arrêté. Malgré tout, il ne faut pas oublier de redescendre de notre euphorie et de regagner la hut. Doucement mais sûrement, nous nous dirigeons vers le toit rouge perché sur son promontoire, perdu au milieu de la montagne aux Kéas. Ces derniers sont restés invisibles. Nous avons bien observé quelques mouettes en vadrouille, quelques mouches, quelques sauterelles et autres papillons, mais pas le moindre foutu Nestor. De retour à la hut déserte, nous flemmardons, lézardons, bouquinons. Les minutes s'enchaînent tendrement, elles s'accumulent jusqu'à former des heures. Toujours personnes en vu. Nono profite de cette quiétude inespérée pour une toilette, à poil devant le robinet qui surplombe la vallée, le soleil caressant de ses derniers rayons son zob reconnaissant. Tout bonnement orgastique. Un slip propre emballe le paquet et le couple de tourtereau convole en un amour hélium platonique. Nous préparons le frugal repas presque en apesanteur jusqu'à ce que deux présences nous fassent sursauter. Les blaireaux de Tel Aviv redescendent du Mont Brewster. Partis bien après nous, ils ont tenté l'aventure sans équipement, tard dans la journée et avec leur sac de rando. Nous ne savons rien d'eux, sauf qu'ils écriront avant de repartir vers la vallée qu'ils ont failli y rester et que sur leur tronche, il est marqué qu'ils reviennent de loin. Sont ils nés cons, sadomasos, suicidaires ou est ce que trois ans de service militaire dans un pays en guerre a fini de les lobotomiser? Nous saurons jamais, mais quel soulagement lorsque nous les voyons s'éloigner. Il est passé 7 heures du soir. Il fera nuit dans une petite heure. Je me questionne encore à leur sujet 8 mois plus tard... Du coup, leur départ nous hallucine. Désormais, qui pourrait venir dynamiter notre tranquillité alpine. Personne. Personne sauf qu'un drôle de cri se fait entendre. Une sorte de complainte, une sorte de cri d'oiseau, un KEEEE AAAA perçant. Serait-ce? Oui. Il est là, le bouquet final, sur un rocher à cinq cent mètres de la hut. Le seigneur de la montagne, le Nestor notabilis. Mon martyr chéri, mon prince olive, mon génie aviaire... J'en fait trop? Pardon. Plus simplement, le point final de la journée, l'observation d'un oiseau sérieusement menacé pour des raisons que je ne développerais pas, nous pousse au paroxysme d'une sensation d'enchantement mystique, comme si quelque chose quelque part... J'en fait trop? Pas si sûr. Toujours est il qu'après un laps de temps x ou y, l'oiseau ouvre ses ailes vermeilles pour le plus grand bonheur de Sophie qui l'avait justement au bout des jumelles, tournoie au dessus de nous et vole vers un cri, là haut, dans le ciel qui glisse lentement vers nous. Nous retournons à notre soupe, blottis dans notre hut, avec comme plafond un ciel de brume.

samedi 31 janvier 2009

La montagne dans les nuages

Nous commençons par prendre l'habitude des nuits passées dans la voiture. Cette dernière fut presque bonne. En tout cas, au premier coup d'oeil au travers du pare brise embué, nous nous apercevons que le ciel est toujours aussi bas, dissimulant la cime des arbres, voilant notre optimisme. On quitte notre parking du bord de mer, faisons les vingt kilomètres de piste pour atteindre une table de camping et y prenons notre petit déjeuner. Il fait frais. L'humidité est pénétrante. On s'installe, un peu grelottant, un peu sinistre. Lorsque tout à coup le ciel se déchire, ouvrant un corridor de clarté et nous offrant une vue imprenable sur les deux golgoths du quartier, desquels dégoulines les fameux glaciers.
Telle une injection de méthadone, la vue splendide découpé dans les gros nuages, éphémère mais intense, nous projette dans ce qui fait la quintessence du voyages, c'est à dire, la découverte de nouveau horizon, d'instants uniques, inoubliables. Deux minutes plus tard, le spectacle terminé, le rideau tombe sur la scène et les artistes de glaces et de roches s'en retournent à leur loges. Revigorés, nous partons visiter le second glacier du coin (Fox Glacier). Cette fois ci, nous bravons l'interdit et nous approchons tout près du monstre glaçon. Au fond de la vallée qu'il a lui même creusé, la force tranquille qui s'en dégage est enivrante. Immobile, bleu lumière, blanc sale, géométries improbables, on dirait une jonque géante avec sa voilure de glaces. nous restons un instant interdit devant lui, avant de nous en retourner à notre route.

Nous roulons jusqu'à Haast. Un peu d'essence. Juste un peu parce que le point commun entre tous les trous du cul de monde c'est le prix exorbitant du litre d'essence. Enculé de pétrolier. On plante la tente en fin d'après midi dans un petit camping, avant de partir à la chasse au pingouin à Jackson bay.


vendredi 30 janvier 2009

Rentre tes blancs moutons! (contine populaire)

Westland national park. Surnommé par des esprits chagrins wetland national park. Est avec Mt Cook national park, THE parc of high moutain of the AMAzing Niou Ziland. Sur les vingt sommets de plus 3000 mètres que compte le pays, 19 sont situés dans ces deux parcs. La ressemblance avec les Alpes françaises est frappante. Tout du moins, d'après les photos que l'on en a vu... Effectivement, une des caractéristiques de westland national park et de sa principale bourgade Franz Josef, du nom du glacier Franz Josef, du nom du premier empereur Austro-hongrois Francis Joseph I Charles (mais à partir de là, ça devient trop compliqué), c'est ça pluviométrie guinness book. 5 mètres par an, qui dit mieux? Franz Joseph glacier doit également ça réputation à un phénomène unique en sont genre, il fait partie des très rares rivières solides, si proche de l'équateur, qui s'écoulent jusqu'à un niveau proche de celui du niveau de la mer (300 mètres environ -le niveau du glacier pas de la mer ndlr-). Autre anecdote remarquable, le glacier a repris ces dernières années sa marche en avant. Il s'allonge lorsque tous ses congénères reculent, témoignant par la même occasion l'irréfutable et sordide complot mondial: j'ai nommé le réchauffement climatique ou global warming.

Mais voyons de plus près le fonctionnement du glacier. Il faut savoir que les glaces qui forment le glacier à l'amont proviennent de précipitations tombées sur la montagne il y a de cela 10 ou 15 ans, alors qu'en moyenne, les précipitations alimentant un glacier lambda sont d'un millésime vieux d'au moins 20 à 25 ans. Alors, success storie Franz Joseph? Oui mais à quel prix. Temps pourri, humidité, rhumatisme. Avec plus de 5000 millimètres de précipitations en tout genre (pluie, grêle, neige, grenouilles...) à 300 mètres d'altitude et plus de 15000 au sommet, on se croirait à Vancouver. Du coup, il n'y a que les touristes paumés et/ou sadomasos pour venir se perdre dans une région aussi hostile. (je ne reparle pas des mouches et moustiques).
Statistiquement, tu as 2 chances sur 3 d'y trouver une journée pourrie. Sachant qu'à notre 2ième jours, le ciel se trouve toujours suspendu à moins de 400 mètres d'altitude (on pourrait avoir les terrils du Pas de Calais dans notre dos que l'on ne s'en rendrait pas compte), il nous reste l'espoir des "lendemains qui seront des jours meilleurs" et autres "après la pluie vient le beau temps". Pathétique. Résignés donc, nous explorons hardiment les balises jaunes et de très loin, l'extrémité basse du glacier (il faut un guide de haute montagne et un kway bleu pour parcourir les deux cents derniers mètres de piquets fluos). Après quoi nous regagnons notre car à vannes pour un après midi bières et chips sur un parking en attendant patiemment notre troisième jour et notre chance d'apercevoir un bout de bout de montagne.


PS: Pour plus de renseignements concernant Franz Josef tapotez Franz Josef sur google ou appelez l'ambassade de Nouvelle Zélande.

PS2:Dis-je que nous rencontrassions, alors que lentement la nuit s'installait sur une plage brumeuse et caressée d'embruns salés, un couple de vieux vanneux français et une otarie cariatide, trônant sur son rocher comme Jeanne D'Orléans sur son piédestal, nous toisant fièrement et impassiblement? NAN! tout le monde s'en branle de toute façon. Merde, putain, fait chier, bite, chatte, couille, poil de carottes râpés et choucroute en boite.............. Tuuup! Tuuup!Tuuuup!
Suite à une légère mais brutale scission entre l'auteur et son cerveau limbique, nous sommes dans l'obligation d'interrompre votre programme favori. Veuillez nous en excuser et patienter jusqu'à que l'oligophrènie passagère de votre ami ne cesse et que ce dernier ne récupèrent les esprits qu'ils lui restent. Merci.

jeudi 29 janvier 2009

Y a des jours comme ça







Il pleut. Nono part acheter des viennoiseries. La tente sèche entre deux averses. Un mec attend que nous partions pour s'asseoir sur la place d'à côté. Sophie a mal au crane. On se connecte à internet. Nono oublie sa veste. On se prend la tête. On quitte l'auberge. On va en ville. Il pleut. On va à l'office. On fait une machine chez un concessionnaire General Motors. On achète deux shorts. La caissière s'appelle Raymond. On fait des courses. Sur la route, on mange une boîte de haricots rouges et un demi poulet froid. Un weka nous pique un os. On range la voiture. On va à Franz Josef. On écoute Dehors. On arrive à Franz Josef. Il pleut. On va à l'office. Il pleut. On croise une dernière fois les chinois. Ils sont mort de rire. Tsiang nous prend en photo. Tsiang va nous mettre sur facebook. On cherche un coin pour planter la tente. On se goure. On gueule. On trouve un coin pour planter la tente. On boit une bière. Nono plante la tente. Il pleut. Nono fait un feu sans flamme. Il y a de la fumée sans feu. Sophie cuit des pâtes. On mets une courgette et un poivron et de la sauce dedans. On boit une bière. Il y a des mouches. Il y a des moustiques. Trois mecs débarquent avec un gros 4*4 et des bières. Sophie fait les comptes: laundry 7 $; clothes 37$; shopping 84$, gas 51$, DOC 13$. Total de la journée 137$. On se couche. On dort. Il pleut.

mercredi 28 janvier 2009

Ils sont fous ces chinois

Nous sommes désormais à Greymouth. Nous avons planté la tente dans le jardin d'une très belle auberge de jeunesse. Nous allons pouvoir prendre une douche...

Greymouth se trouve sur l'embouchure de la Grey river et de là à dire que c'est une ville grisâtre, il n'y a qu'un pas. Greymouth c'est la principale cité de la côte. Greymouth, c'est aussi et surtout le berceau de la Monteith's, qui est ma bière néo-zélandaise préférée, et c'est déjà pas mal. De la bière justement, on se retrouve dans le pub Monteith's pour en boire. De là, nous établissons un plan pour le repas de ce soir. Nous prenons la décision de manger un bout en ville, enfin, quand on dit en ville, il ne faut pas non plus s'attendre à avoir l'embarras du choix. En Nouvelle Zélande, comme la plus part des commerces, certains restaurants ne sont ouvert que jusqu'à five PM, soit 17 heure, heure local. Après un bref tour d'horizon, nous n'avons repéré d'ouvert que le susnommé pub, un Mac Do, un KFC et un chinois fish & chips. Et un pakistanais? Oui peut être mais pas aujourd'hui.

Nous jetons notre dévolu sur le chinois fish & chips. Cela reviendrai à faire en France un kebab choucroute ou un snack boeuf bourguignon. Adaptation. Ici, la cuisine exotique doit se plier au sacro-saint poisson frit qui est à la gastronomie un peu ce qu'est Jean Marie Bigard à l'humour. Ça finit toujours par peser sur l'estomac. Enfin, les englois et la nourriture, les artistes et la politique, passons.
Nous sommes maintenant devant le resto chinois. Simplissime. Surtout fait pour la vente à emporter. Nous sommes en Nouvelle Zélande, je crois que tu commences à comprendre. Néanmoins, une belle salle nous accueille à l'arrière, décorations classiques de ce type d'établissement. Du rouge, des dragons, des tables rondes et une chinoise, la quarantaine, il lui manque quelques dents, qui nettoie les tables (il est largement passé 5 heure (ndlr)). Évidemment, c'est l'heure du coup de balai puisqu'elle porte à chaque main un long gant rose et maintient entre ses pouces et index un pchit de désinfectant et une éponge. Nous lui demandons gênés s'il est encore possible de manger un morceau. Elle nous répond que oui avant de disparaître dans la cuisine. Elle en revient avec sets de table, couverts, cruche d'eau, cartes de menu et toujours à chaque main le gant mapa rose. La tavernière n'est pas franchement souriante, son regard semble transformer en trou noir tout ce qu'il touche. Nous sommes un peu embêter par la situation. A vrai dire, ce n'est pas le fait qu'elle doit sûrement nettoyer les chiottes avec les deux même gants qui nous dérange. Non, le hic, c'est qu'on a un peu peur qu'elle ne se jette par la fenêtre. Comme la salle est de plein pied, nous nous rassurons.
Choix cornélien qu'est celui de la commande. Perdu au milieu des dizaines de plats proposés par un resto asiatique, nous naviguons entre des archipels de poissons, de boeufs ou de poulets, des îlots de riz ou de nouilles, des récifs de raviolis ou de nems, des péninsules de chiens ou de serpents, des atlantides de dragons ou salamandres ailées... Nousdeux fomentent un stratagème qui va leur permettre d'accoster un maximum de saveurs sans sombrer dans la surconsommation. La petite chinoise édentée revient et nous passons commande. Moins d'un quart d'heure plus tard, c'est le cuistot, un solide bonhomme cumulant certainement les casquettes de serveur, de plongeur et de mari, qui nous apporte nos assiettes. Nous le saluons et le remercions. Il est nettement plus souriant que sa femme et est un peu surpris lorsque nous lui demandons des baguettes. Une fois celles ci sur la table, le repas peu commencer.
La bouffe chinoise peu parfois réserver quelques surprises mais Nousdeux commencent à avoir une petite expérience et savent jouer défensif. Nous avons dribblé le raie noix de coco ou la lotte au curry. C'est bon, c'est copieux, le restaurant nous appartient, nous mangeons tranquillement en regardant par la fenêtre les voitures qui passent. Deux autos s'arrêtent sur le parking en face. Nous remarquons à peine la dizaine de chinois qui en sortent. En deux petites minutes, ils sont sortis de notre champ de vision et de nos esprits. Pas pour longtemps. Cinq minutes plus tard, la troupe pénètre dans le restaurant dynamitant la tranquillité qui nous berçait. Ils parlent fort, tous en même temps, sans nous voir. La petite dame au sourire envolé accourt. Elle ne l'a pas rattrapé bien au contraire. Sur son visage, on lit maintenant une grande anxiété. Nous ne comprenons pas vraiment qu'est ce qui motive une telle excitation. Le mandarin garde pour nous tout son mystère mais nous les regardons amusés tourner autour de la table, s'asseoir, se relever, sortir, rentrer. L'un deux vient nous voir. Il s'appelle Tsiang et en habitué de la culture occidentale s'excuse d'abord pour l'apparent manque de savoir vivre de ses compatriotes. Nous rétorquons qu'en tant que chercheur d'authenticité ce bain de chine est pour nous dès plus agréable. S'en suit une conversation très charmante entre lui et nous. Il nous apprend qu'il étudie à Auckland et que sa famille profite d'une visite qu'elle lui rend pour faire un tour du pays. Autour de nous, l'agitation semble prendre fin. Ils sont presque tous à table. Cela ne va pas durer. Un des hommes sort de la cuisine. Il s'y était introduit pour nettoyer son parapluie, le petit finot. Il en revient catastrophé, prononce un perçant discourt. S'en suit qu'en procession, tous les chinois partent pour leur inspection de la cuisine. Tsiang nous traduit au fur et à mesure les découvertes de la brigade rouge section répression des fraudes. Ça piaille encore un peu puis ils disparaissent comme ils étaient venus.

Le calme est revenu. Pas de dessert. On paye et on se casse, un peu déboussolé, pas vraiment rassasié. Sous sa coupe au bol, la petite chinoise a retrouvé sa mine désabusée, le patron quand à lui a disparu. On sort mais on a encore faim. Alors deviner quoi? On se retrouve dans la file d'attente du KFC pour une barquette de cuisse de poulet frit... Que voulez vous, on échappe pas indéfiniment à la fatalité. Moins de trente secondes après notre entrée dans le fast food, deviner quoi? La clique des brigades du tigre débarque à son tour. Mort de rire sont nos petits chinois malins. Tsiang en profite pour taper la discute encore un peu. Il est vraiment sympa ce Tsiang. La barquette de poulets aux hormones élevés sous allogènes est prête. On salue encore une fois les chinois qui se marrent encore. Cette fois, ils n'iront pas visiter la cuisine...

Diaporama


Vers 6 heure du matin, un rayon de soleil multicolore embrase la hut. Rapide coup d'œil à l'extérieur. Lever de soleil magistral, explosion de teintes tropicales, splendeurs horizontales pyrotechniques. Six heure, trop tôt pour se lever. On repose la tête sur l'oreiller pull-over et repartons pour au moins une heure de sommeil. Une heure, c'est le temps qu'il nous reste avant que la première expédition pipi ne soit organisée. Bientôt neuf personnes s'agitent autour de leur petit déjeuner. Brassage culturel. Nousdeux hallucinent un peu sur la recette du bacon au beurre. On nous en propose généreusement. Nous refusons poliment le super concentré en cholestérol.
Longue discussion avec Peter. Nous apprenons qu'il est le courageux géniteur de 4/5 des bécassines pré-menstruées. Nous apprenons également qu'au moins autant de bambins l'attendent patiemment à la maison. On lui raconte notre histoire. Il commente à peu près tout par "lovely".
Nous décollons vers 9heures. Nous sommes les premiers partis. Un doute cependant. Certains éléments laissent à penser que nos amis lapins ne procéderons pas au nettoyage civique de la hut. On s'en fout à vrai dire, mais c'est que nous sommes les seuls à nous être inscrits dans le registre. Les visiteurs de ce soir risquent de se dire " Regardes moi ça, ces connards de français viennent jusqu'ici dégueulasser le paysage et les lieux publics. Y-s-en-ont pas assez à saloper avec leur côte d'azur, leurs alpes et leurs pyrénées?", alors que Nousdeux sont deux ambassadeurs irréprochables du savoir vivre!
Nous reprenons le même chemin que la veille. La seule différence, hormis la direction, c'est la visibilité. Plus de brume, plus de pluie. Du coup, même sentier mais deux balades complètement différentes. Nous allons une nouvelle fois observer tout un tas de trucs et de machins très intéressants, mais j'ai vraiment trop la flemme et puis les descriptions botanico-bucolico-mystiques commencent vraiment à me les briser. Je ne développerai pas plus et laisse aux photographies le soin de vous décrire la descente. Merci.






mardi 27 janvier 2009

Croesus knob

Il pleut. Peu importe, nous y étions préparés et sommes prêt à en découdre avec la forêt et les 1300 mètres de dénivelé qui nous attendent aujourd'hui. On colle la tente dans une bassine, on remise le tout dans le coffre et on roule direction Baryton d'où part le sentier. En chemin, nous philosophons. Quoi de plus naturel que de découvrir une forêt pluviale sous la pluie? Voudrait on visiter la banquise en short?
Pourtant, notre état d'esprit en rentrant dans le sentier n'est pas vraiment au sommet de l'Olympe. Deux nuits en camping à la con, semaine rouge et une petite prise de becs, le tout assaisonné par nos caractères têtes de mules (surtout Sophie) et arrosé d'eau de pluie. Nousdeux marquent légèrement le coup pour la première fois depuis notre départ. Et là -je vais encore vous faire le coup du mystique- nous entrons dans une cathédrale. Le silence baigné par une pénombre verte, la fraîcheur humide, les allées sublimes, corridor végétal aux voûtes de palmiers et de fougères géantes. Ce premier étage nous élèvent vers un sommet de contentement, presque de la plénitude. Il est rare de ressentir de façon aussi spontanée une telle sensation d'apaisement. En tout cas, pendant une bonne heure, nous évoluons sur le sentier sans forcer, les gouttes qui ruissellent sur nos visages les nettoient de toute colère et nous nous laissons imprégner de cette nouvelle atmosphère, des ces nouvelles odeurs, de ce nouveau monde. Avant que celui ci ne devienne oppressant. Trois heures nous sont nécessaires pour sortir de l'incroyable densité de cette forêt. L'ascension est très éprouvante et la brume qui enveloppe la canopé nous enferme, nous prive d'une vision de l'extérieur, nous cloître dans le vert sombre des mousses et des arbres aux allures inquiétantes.

Pas un bruit. Rien que l'humidité qui s'est imprégnée partout, jusque dans nos peaux. Dernier coup de cul, on sort de la forêt. Une prairie d'herbes jaunâtres en un mètre l'a remplace. On n'y voit pas mieux pour autant. Le brouillard recouvre tout. Visibilité: cinq mètres. Et le sentier qui n'en finit pas de monter, monter, monter. Pourtant, si la forêt s'arrête net, c'est que nous devons naviguer aux alentours de 1200 mètres. Le point culminant de notre marche ne dépasse pas 1400. Nono s'arrête. Attend Sophie. Une lucarne s'ouvre l'espace d'un instant sur le chemin et le col tout proche. Nous sommes presque au sommet.

Désormais le sentier accroché aux flancs des coteaux jouent les montagnes russes. Le chemin caillouteux que nous suivons ne se révèlent à nous que mètre après mètre. Ils pourraient nous conduire aux portes du Pandémonium que nous n'y verrions rien. De temps à autres, un morceau du paysage se dévoile pour mieux nous désorienter. Cela ne dure jamais plus que quelques secondes. L'équipage s'impatiente. Ce petit jeu n'est plus à notre goût. Résignés, nous continuons notre marche aveugle lorsque tout à coup, elle est là, délivrance, la hut.

Nous étalons nos affaires mouillées sur une pierre que le soleil tout à coup inonde comme pour nous féliciter de notre peine. La hut est très agréable. Rien qu'à nous, toute en bois, peinte en blanc, lumineuse. Une immense baie vitrée donne sur la vallée en contre bas. Pour l'instant nous ne pouvons que deviner mais le brouillard se lève. Bientôt il fera grand beau.

Nous prenons nos aises. On s'étale avant de débuter une partie de Scrabble. En anglais, le w vaut 4 et le j 10. C'est Nono qui mène lorsque quelqu'un entre dans le refuge. Jason, un anglais responsable de l'auberge de jeunesse de Punakaiki, vient passer son jour de repos à l'abri. Il arrive de Blackball à trois heures de marche et nous prévient qu'une clique de 7 s'apprêtent à débarquer. Nous faisons de la place et attendons anxieux l'arrivée imminente de la troupe. Effectivement, se sont cinq jeunes filles et deux pères de familles qui investissent les lieux. La hut est grande et les filles un peu intimidées. Une drôle d'ambiance s'installe. Ça chuchote, ça ricane, ça observe. Après un rapide casse croûte, la colonie part pour une petite marche aux alentours et léthargique, Jason alité lit de la littérature lituanienne. Le calme est revenu dans la petite maison. Pas pour longtemps. Le club des sept revient vite et s'approprie les lieux. Nousdeux observent la scène. Le calme habituel est remplacé par un chaleureux bordel. Instinct maternelle des plus grandes, découverte fascinante et aventure extrême pour les plus petites. La plus jeune des filles doit avoir 7 ou 8 ans tandis que derrière son appareil dentaire l'ainé ne doit pas en avoir plus de 14. Attendrissant spectacle que celui de ces deux pères qui se débattent maladroitement pour satisfaire la horde de pisseuses. Travail de titan aussi. Finalement, arrive notre tour de prendre place autour de la table. Nous discutons un peu avec les deux hommes avant que ceux ci ne s'en retournent à leur sacerdoce. La nuit tombe. Un dernier chuchotement, quelques rires étouffés. Et les deux bonshommes ronflent déjà.

lundi 26 janvier 2009

Pancakes rock

Nous poursuivons notre chemin le long de la côte ouest de l'île. La tortueuse route qui relie Westport à Punakaiki, notre destination, est magnifique. Rivages déchiquetés et falaises d'un côté, montagnes et forêt pluviale de l'autre. Des panneaux disposés le long de la route mettent en garde contre la traversée impromptue du blue pingouin. Il nous faut une petite heure pour rejoindre Punakaiki et le Papaora national park où nous avons prévu de rester trois jours. Nos objectifs ici: virée dans la forêt et visite aux fameux pancakes rock, qui sont un peu à l'île ce qu'est la tour Eiffel à Paris, un must go que tout visiteur qui se respecte aura à cœur de visiter. L'office touristique est largement dévolu à la cause. Larges parkings, boutiques, marchand de glaces, cartes postale, Punakaiki à tout de la destination camping car. Du coup, nous avons de la peine à trouver des infos sur ce qui nous intéresse vraiment, à savoir, une sortie de deux jours dans la forêt. Nous finissons quand même par avoir quelques renseignements sur le parc. Dans un classeur oublié sur une étagère derrière le comptoir, de vieux descriptifs contrastant avec le clinquant de l'installation offrent un aperçu de la seule vrai rando du site. Ici, aucune accommodation dans la forêt. Pas de boucle non plus. La seule possibilité qui nous est offerte, une longue course de 9 heures pour aller dormir au Ballroom, camping sauvage sous une cavité rocheuse, obscures traversées de rivières à la profondeur variable et passages aux travers de propriétés privés. Du coup, la sortie dans le plus petit parc de Nouvelle Zélande est sérieusement remise en question. Sur une carte de la région, une rando qui mène à une hut sur les hauteurs attire notre attention. A vingt minutes hors du parc, la rando offre un bon dénivelé et la traversée des différents étages forestiers. Aller et retour par le même chemin, tant pis, ce sera notre étape de demain.
En attendant, il nous reste la fin de la journée pour goûter aux fameux pan cakes, mystérieuses formations rocheuses modelées par le vent et les marées, nous poser sur la plage nous faire bouffer par les mouches puis planter notre tente à contre coeur dans le holiday parc du coin pour cause de code rouge et de pluie.

Des phoques et des hommes

Si tu écoutes les gars comme moi te baratiner sur la Nouvelle Zélande, tu les entendra te dire, le front haut et le timbre sec, que ces îles jadis paradisiaques, récemment souillées dans leur chair profonde par le gourdin lubrique de l'homo-tiranicus, furent le sanctuaire édénique des oiseaux et qu'avant ça, aucun mammifère n'était jamais venu y dépoiler, si ce n'est quelques chauve-souris rabougris et presque oiseaux elles même puisque volantes. Eh bien toi, hypothétique lecteur, oui toi, tu pourras leur répondre, "faux, archi faux, belote, rebelote et dix de der. Un ami à moi, au demeurant demeuré mais fort sympathique, cultivé et propre sur lui me signifiait à l'occasion que sur les plages des îles du "pays du long nuage blanc" s'épanouirent pas moins de neuf espèces de seals, ou phoques en français, et qu'aux dernières nouvelles tous sans exception, selon Carl Von Linné, font parties du règne animal et de la classe des mammifères.
Nous entendons par seals: lion de mer, éléphant de mer, léopard de mer, phoque et otarie. Sur les deux îles principales, on trouvait principalement des New Zealand sea lion (Phocarcarctos hookeri) et des New Zealand fur seal (Arctocephalus forsteri). C'est justement pour observer ces derniers que Nousdeux ont posé leurs valises à Westport...

Nous parcourons depuis une heure un petit sentier longeant des falaises vertes qui plongent sur la mer de Tasman, ses vagues, son écume, ses remous... Une heure à observer l'infinité bleutée de la mer qui se mire dans le ciel, éternité monochrome que seuls quelques lointains nuages viennent rompre. Une heure et pas la moindre bestiole dans la flotte. Marche silencieuse, les sens en alerte, le regard aigu, les oreilles dressées... A plusieurs reprises, des interjections du genre "là bas!" ou "ooooh putain ça y est j'en vois un!" brisent notre mutisme. Mais à chaque fois, point de baleine ni de phoque, mais toujours une algue, un rocher ou un rayon de soleil qui s'amuse à rebondir sur une vague. Sur la terre ferme par contre, la vie est nettement plus visible. Au milieu des genet piquants et de leurs fleurs papillons jaunes, nous rencontrons des Yellowhammers, petit bruant introduit quelques décennies auparavant. Sans doute, comme dans le cas du moineau, pour panser la mélancolie des colons. Autre rencontre, plus incongru encore, et celle du weka. Sorte de petite poule astucieuse, voleuse, sauvage et sans aile. Typiquement endémique...

Soudain, une nouvelle tâche noire attire notre attention. Avec plus de réserve, nous sortons les jumelles. Ça bouge. Les otaries sont juste là, à deux cents mètres de nous. Elles barbotent à la surface, font la planche sur le dos, piquent, tourbillonnent, se chamaillent. Leur chorégraphie est emprunte d'aisance et de nonchalance. Elles donnent envie de nageoires. Nous les observons depuis quelques secondes lorsqu'une déferlante monstrueuse, rugissante, plus haute que la liste de doléances d'un peuple autochtone, balaie la baie. Elle s'échoue sur la grève dans un fracas terrible, projetant dans les airs un nuage d'embruns. "Mon Dieu, les otaries!" Effrayés, Nousdeux craignent pour les bestioles. Niaiserie d'occidental bercé aux contes foireux de Monsieur Walt Disney. L'écume se dissipe, les museaux pointus réapparaissent, exactement au même endroit. Nous observons encore un peu leur jeu avant de nous déplacer. Nous cherchons un point de vue qui nous permette de voir la plage. Au premier coup d'oeil, rien à signaler mis à part de gros rochers gris bruns. Puis peu à peu, parfaitement confondue, une otarie. Puis une autre, puis dix, vingt... Immobile pour la plus part. Il en est une cependant qui arrache lamentablement sa graisse à l'implacable gravité. Archimède plutôt que Newton. La sirène gracieuse est ridicule sur la terre ferme.






Nous les observons pendant de longues minutes. De toute évidence, celui qui se tient crânement sur la plus haute marche du podium est un gros mâle. Combien peu peser un animal de cette taille? On dirait un lion avec sa crinière épaisse. La quinzaine de femelles qui prennent le soleil dans les environs forment son harem. Au milieu de la troupe nous apercevons une grosse boule de poils affublée de deux énormes yeux ronds et noirs. Quelle semble perdue cette petite otarie au milieu de tout ça. Bientôt pourtant, elle aussi partira braver les vagues. Un peu plus loin encore, un promontoire, des plaques explicatives, un parking et des gens. Il est temps de rebrousser chemin. Une heure sur un sentier à longer des falaises vertes qui plongent sur la mer de Tasman, ses vagues, son écume, ses remous...

Nousdeux sont ravis de leurs rencontres de la matinée. Sensation souvent distillée par la rencontre d'un animal sauvage, la petite otarie a soufflé sur nos coeurs attendris un petit air d'espoir, légèrement débile, simplement humain. Pourtant, ici comme dans beaucoup d'endroit, ces animaux ont failli disparaître. Si les maoris les chassaient pour se nourrir et les ont fait disparaître de l'île nord, les colons européens et leur cupidité barbare ont presque rayés de la liste des espèces vivantes cette otarie. La fourrure d'abord. Précieuse, facile, dégueulasse. Mais les graisses des mammifères marins étaient également une denrée très prisée. Ces pratiques n'ont plus lieu d'être dans le pays aujourd'hui, mais elles continuent d'être pratiquées dans un grand nombre de pays, Canada et Norvège pour ne siter que ceux là.
Aujourd'hui, contrairement à une majorité d'espèce dont la population diminue dramatiquement en Nouvelle Zélande, celle de l'otarie à fourrure n'a de cesse d'augmenter et cela depuis plus de trente ans. Les pêcheurs qui se voient interdit de poser leurs filets dans les zones où elles se reproduisent râlent. Même si la diminution du nombre de baleines jouerai un rôle dans cette recrudescence, moi qui ne mange que du colin capitaine Igloo, je prends plutôt ça comme une bonne nouvelle.

dimanche 25 janvier 2009

Westport


Cinq jours que nous sommes partis de Te Koha dont quatre passés sur l'île sud. Une constante, le beau temps. Pas encore vu une goutte de pluie. Nous savons pertinemment que nous n'avons pas encore rejoins la zone critique de l'île, à savoir la côte ouest, mais nous prenons la clémence des nues comme une bénédiction. Dormir au sec ou encore se lever avec le soleil fait parti de ces petits riens qui rendent le campeur heureux. A l'ordre du jour, rejoindre Westport et la fameuse côte ouest justement. Au programme ce matin, un petit sentier pédagogique sur les bords du lac. Deux heures dans la fraîcheur des bois, suffisamment éloigné de l'eau pour ne par avoir à s'enfuir
devant ces maudites mouches vampires.

Midi. On quitte St Arnaud. Nous reprenons l'unique route qui quitte le hameau direction l'ouest. Un peu moins de deux heures de route nous sépare de notre destination. Il fait chaud. On roule fenêtres grandes ouvertes, musique à fond, pieds nus, heureux. La route qui serpente entre collines et canyons est une voie royale conduisant vers un éden radieux, la vie une grande tarte au bonheur et on s'en fourre plein la panse. Nous sommes le roi Salomon et la reine de Saba planant sur leur tapis volant, Candide et Cacambo chevauchant les moutons de l'Eldorado, Polux et Azalé sur le manège enchanté...

Vers deux heures, nous débarquons à Westport. Trou du cul du monde comme on en trouve en Nouvelle Zélande comme ailleurs. Une grande rue avec banques, stations essence, TAB... Dans l'entremêlement des rues parallèles et perpendiculaires, des maisons, classiques, carrées, orthodoxes et démontables. Et au milieu de tout ce convenu, un Holiday parc, sorte de goulag pour touristes ringards, un camping quoi. Nous nous acquittons docilement du droit séjour et plantons notre tente dans la sérénité et la béatitude. On se cuit deux gros pavés de viande sur le barbecue, avalons un quinquin de bière fraîche et rejoignons nos appartements pour la nuit.