mercredi 18 février 2009

We do well in gton (mort de rire)

Journée pain de sucre, sirop d'érable, dîner chez l'Antoine et la Juliette un dimanche midi. Sweet, very sweet, dans la douceur estivale de Wellington. Pas besoin de marcher, nos corps se meuvent d'eux même. On observe le gens, les arbres, les bâtiments. On se laisse imprégner par la douceur de l'instant, sans sac à dos, sans appareil photo, magique. On se permet, un peu, beaucoup. Terrasse à l'ombre. Il est vrai que tu as toujours un salaud pour passer la débroussailleuse justement à ce moment là, mais imperturbable nous sommes. Et puis, faut bien qu'il y en ai qui bosse, bordel!

Avons nous fait l'amour ce jour là mon ange? Avant ou après le saké? Les draps s'en souviennent ils? Les voisins aussi! Merde. Tant pis pour eux. Tant mieux pour nous.

mardi 17 février 2009

Voyage à Kaboul


Dernière nuit sur l'île. Nous avons planté la tente dans un petit coin pénard. Rien à signaler sauf peut être que quelqu'un est venu pendant la nuit essayer de nous réveiller. Nous apprenons au réveil qu'il s'agissait d'une vieille hippie hirsute, lorsque cette dernière est venue nous entretenir de sa nuit fantasia. Elle voulait nous faire voir la mer fluorescente toute proche. Nous n'osons pas lui avouer que nous n'avions plus de LSD...
Il fait beau. Il fait ciel bleu. Il fait coeur léger. Nous prenons le bateau dans le sens du retour. Après un petit mois à se déplacer tout les jours -pas si facile la vie de nomade- nous sommes plus que satisfait de passer 3 jours et 2 nuits dans le confort bourgeois d'une chambre d'hôtel de Wellington. Pour sûr qu'on va s'en foutre plein la panse des draps propres, des douches et des chiottes rien que pour nous. Nos économies? Pas de quoi ouvrir un compte en Suisse. Rien à foutre. Lundi nous repartons pour 2 mois de vergers, d'échelles et de commodités en commun. Largement de quoi se refaire.
Vers 14h, voilà donc l'équipée sauvage embarquée sur le ferry direction la capitale Néo Zélandaise. Vers 17h, nous foulons pour la seconde fois de notre vie le Waterloo quai (nous sommes dans un pays du commonwealth si jamais tu avais oublié, ndlr). L'auberge de jeunesse se trouve à cinquante mètres du port. Notre chambre, une vraie comme dans les films, avec sa propre douche, son propre chiotte, ses serviettes blanches épaisses. Nous sommes dans un palace. Grisant, mais il est vrai que tout est relatif et, mis à part peut être la banquette d'une 2 chevaux, rien ne pourrait nous paraître plus spartiate qu'une nuit dans notre barquette de frites. Nous sommes euphorique, alors ce soir, comme prévu depuis le départ, c'est la tournée des grands ducs, la Grande Bouffe, le banquet final d'un petit village de gaulois d'Armorique, bref, c'est du grand Nousdeux. Sur une terrasse, avec vue sur le port. Une fois de plus, on fait plaisir au tavernier qui certe, n'a pas besoin de ça, mais quand même. Sûr que nous ne sommes pas les plus élégants, peut être les plus authentiques, sans tricher, le poitrail nu tire en plein coeur.
Tradition oblige, nous sommes les derniers partis. La visa chauffe un coup mais, ogres d'un soir, nous ne sommes pas rassasiés pour autant. Nous partons à la recherche d'une gargote de marin encore ouverte. Problème, Wellington n'est pas Amsterdam et notre GPS est toujours en rade. Nous enchaînons venelles vides sur venelles vides. A contre coeur mais pas désespérés, nous rentrons à l'auberge qui, finalement, est le dernier endroit encore en vie de la ville. Nous y boirons quelques bières avec Laurent, suisse roman de son état, de retour d'un voyage en Afghanistan, en Chine, en Mongolie... Pendant des heures, sur le balcon de l'hôtel, nous l'écoutons nous raconter ses voyages. Il nous conseil de lire la "prophétie des andes" de James Redfield et "L'usage du monde", de Nicolas Bouvier. D'ailleurs, il faudra que je pense à les lire, un jour.
Vers 3 heure du matin, nous quittons notre improbable compagnon d'une nuit, ravis, heureux, amoureux, spongieux, fatigués, comblés, rassurés, vivants.

lundi 16 février 2009

Fin de parcours

La suite de notre parcours ressemble un peu à celui de ces bouteilles que nous jetions à la mer, un mot au travers du goulot, ou à ces ballons qu'on lâches dans le ciel, une carte postale nouée à un fil de soie. Destiné à l'autre, et tant pis s'il répond dans d'obscurs alphabets, ils dérivent au gré des courants, un instant au creux de la vague, celui d'après surfant sur la houle, le remous, l'écume ou la tempête. Bouteilles et ballons finiront par s'échouer quelque part à marée descendante, sur la grève, le sable fin ou resteront perchés dans les ramures d'un quelconque érable sycomore. Est ce qu'un gamin trouvera le message de paix et d'amour dessiné aux gros feutres rouges? Déchiffrera-t-il le message, SOS, mots gentils ou invitation à venir dîner, comme on espère que les habitants d'un autre cosmos comprendrons ces messages qui naviguent aux hasards de l'univers convexe?
Enfin, pas grand chose de concret à raconter sans tomber dans le "déjà vu". Villes toujours identiques, même si Christchurch possède quelques attraits jolis qui plairont aux touristes. La côte Est de l'île Sud sous la pluie reste un peu triste à pleurer. Dévastée par l'agriculture ou gris jaune comme une terre, après l'incendie, qui peine à se renouveler. Et toujours cette veille putain de Sylvie Culture et son connard d'amant Monsieur Sylvestre Pin. Une semaine de maigres compensations et de petits plaisirs gracieux ou non. Enfin, une dernière semaine pour bien saisir la différence entre eux et nous. Exemple:

Nous n'avions pas cédé à la tentation de nous faire transporter par avion pour une rando de l'extrême dans le Mt Aspiring nat. park, alors nous avions très envie de nous offrir la fameuse Queen Charlotte Sound et par conséquent, d'embarquer sur une coquille de noix direction l'autre bout du chenal et le kilomètre 0 de la rando. Mais les tours opérateurs et leur forfait ont ici encore plus qu'ailleurs piratés puis sabordés l'authenticité du parcourt. Ô New ziland, tu t'es bien battue, mais ici comme ailleurs les sirènes du tourisme de masse ont dézinguées tes dernières lueurs sauvages. Et maintenant, des grosses vaches ménopausées font les courses que nous refusons parce que trop cher, parce que sans vaseline mais avec une poignée de gros graviers. On portera leur sac et elles coucherons leur miches graisseuses dans des bungalows, les muries. A nous Nadia track et la pauvreté de ton paysage. A nous les fastes de la solitude. C'est tout ce qu'on pouvait se payer pour le prix de notre sueur. Ces gros porcs ne peuvent rester cantonner à Bali, Giseh, La grande motte... Ils viennent encore jusqu'ici, pourrir ta légendaire aura, pour qu'après tout ça, il ne reste définitivement plus rien à salir. Le comble, c'est que noyé dans la masse, nous ne valons guère mieux. Le pire, c'est de se rendre compte trop tard que d'autres façons de découvrir l'île étaient à notre portée. Cruelle Ignorance, quand tu nous tiens...
La prochaine fois, je te promets un message joyeux et plein d'espoir.

Fin de parcours (en photos)