samedi 27 décembre 2008

Samedi

Samedi, dernier jour de notre voyage sur la planète Ruapehu. Aujourd'hui nous redescendons sur terre.

Nous sommes plutôt ravis de voir l'astre solaire briller comme aux plus beaux jours et nous accompagner jusqu'à Whakapapa village, jusqu'à notre Honda rouge passée, jusqu'à une douche, jusqu'à un lit avec des draps. Une bière fraîche, un plat chaud, de la viande si possible, un steak, un rump steak, ouais, un rump steack et des frites, c'est ça. Une paire de baskets et des chaussettes propres, et puis un caleçon propre aussi, tant qu'on y est. Du déodorant, un vrai café et de la confiture, un canapé, un film, un joint, chauffage centrale, grosse couette, cocon. Nous rêvons de propre tout le long de la route. Nous rêvons de confort. Nous rêvons de civilisation.

La fatigue qui nous accablait la veille a comme disparue. Une sorte de torpeur enroule nos mouvements, nous promène. Nous nous retournons parfois, pour regarder le volcan qui s'éloigne dans notre dos. Il n'a jamais été si beau. Il ne sera bientôt plus qu'un incroyable souvenir dans nos esprits et quelques photos dans notre disque dur reproduisant bien médiocrement sa véritable splendeur...


Et à part ça alors? Alors pactage et dentifrice, une dernière rivière glacée, des marécages jaunes et bruns, la forêt pluviale et des oiseaux, enfin des d'oiseaux. Cerise sur ce gros gâteau, nous rencontrons sur notre route le Karearea, the New Zealand Falcon, sans aucun doute possible et sachant qu'il ne reste pas plus de 800 animaux sur l'île, nous nous considérons vulgairement comme ayant le cul bordé de nouilles.

Après 2h30 de marche, une rivière d'or, des fougères de toutes tailles et des arbres choux, finalement, c'est le retour des gens. En contre sens et mal polis, des gens. Walkman sur les oreilles, traînant avec eux tout le poids de leur sinistre solitude, des gens. Visiteurs blasés ignorant lamentablement les richesses de la forêt, ils déambulent sur le sentier devenu chemin. Ils nous agacent mais nous ne leur accordons pas plus d'importance que ça.

Dernier pont, énorme, en bois, fabuleux ouvrage d'art, une merveille, puis un parking, la route, et enfin Whakapapa. La boucle est bouclée. Nous nous congratulons. C'est fait, derrière nous, 65 km de sentiers, 6 jours de marche, 5 nuits, 115 photos...

Pourtant, l'euphorie que nous nous attendions à recouvrer n'est pas là. Nous sommes contents mais rien d'extravagant. Nous déchargeons nos sacs, ôtons nos chaussures immondes de puanteur et gagnons l'office de tourisme afin d'avertir les responsables du site de notre retour triomphal et en un seul morceau.

A l'intérieur, c'est la cohue. Du monde à en dégueuler par toutes les fenêtres des têtes de gros cons joufflues. Ça se ru, ça s'entasse, ça se presse, ça chiale et ça trimbale sa sale caboche à la recherche de la moindre saloperie à rapporter de l'autre bout du monde. Surtout, Nousdeux sont très fatigués et le retour à la réalité touristique de Whakapapa est absolument atroce. Nous écourtons notre tour du musée. Il est plein de français et nous comprenons trop facilement leur discourt gluant.

Fuyons à toutes jambes l'office. Nous désirons maintenant nous connecter à l'outil internet afin de trouver une table et une chambre pour la nuit. Le seul poste accessible se trouve à 500 mètres, dans un hôtel. Bien sûr, la petit dame de l'office supervisée par une espèce de binoclard prétentieux en ont plus que marre de voir débouler hommes et femmes des bois empestant l'animal sauvage. Ils sont plus glacials que l'hiver québécois. Ils nous expédient sèchement vers les ordinateurs et cela énerve Nono qui a déjà pas mal entamé son capital selfcontrol depuis une demi heure. La souris. Qui est ce qui si colle? Nono empoigne la bête. Comment ont fait? Comment sa marche? Comment on écrit auberge de jeunesse en anglais? Ça rame, ça bug, c'est cher et on n'a plus de monnaie. Vite réservation. Où t'as mis ma putain de visa? Comment ça elle est resté à la voiture? Trouve moi un stylo, un bout de papier, que je note cette saloperie de numéro de téléphone bordel! J'en ai pas. Fin de la session. Il était temps, on allait finir par se battre.

Nous sortons de l'hôtel pas beaucoup plus avancés. On sait juste qu'il va nous falloir marcher sur des œufs jusqu'à la fin de la journée et que ce dont nous avons besoin maintenant, c'est de boire un coup, de prendre notre temps et surtout, surtout, de RESTER CALME.

A Whakapapa, il y a, hormis des touristes stupides, pas grand chose. Un espèce d'édifice en briques rouges d'assez mauvais goût qu'ils appellent pompeusement "The château". C'est l'hôtel grand luxe de la station de ski qu'est aussi Whakapapa en hiver. C'est le seul endroit où l'on peut espérer boire une bière ici. Dehors, cinq tables de picnic avec dessus au moins cents verres, bouteilles et tasses.

A l'intérieur, le bar, même bordel mais avec moins de gens, mais encore plus de vaisselle sale. Nous approchons timidement du barman. Il sourit de toute ses dents, s'excuse pour l'hygiène plutôt lamentable et nous sert deux bières que nous boirons au goulot. Il y a des gens qui viennent réclamer le cacolac de la petite et le vittel grenadine de la belle mère qu'ils ont commandés il y a déjà un petit moment. Un grand gugusse en tongues et short de plage débarque de la planète Hawaï et tente de reprendre tout ça en main. Sans doute le gérant. Bref. On boit, on se gausse, ça nous fait du bien et puis on se casse de là.



Nous roulons direction Turangi, extrémité Est du lac Taupo. Là, nous y trouvons un Holiday park, une petite chambre et surtout une douche. Nous avalons un piètre sandwich et quelques chips achetés un peu plus tôt au New World (sorte d'intermarché local). Une petite boite de tomates cerises nous redonne le goût de la nourriture non déshydratée. Malgré la fatigue, nous trouvons la force nécessaire pour prendre une douche, longue et bien chaude.

Nous dormons quelques heures avant de partir revigoré vers le "centre ville". Pas vraiment le choix. Une bière dans un TAB (sorte de casino pouilleux pour fauché) avant de nous rendre au restaurant "Four Fish" juste à côté. L'ambiance du resto est faussement guindée. Toute une tripoté de faux riches font semblant de festoyer. On nous accueille froidement avant de nous installer dans un coin. "Encore deux paumés qui vont commander une barquette de frite et boire un coca pour deux", doivent ils penser. Deux bières, une bouteille de Chardonnay, deux entrées, deux plats, deux desserts et deux Irish coffee finiront par nous remettre sur pied. 170 dollars, un généreux pourboire et comme souvent, nous sommes les derniers à quitter la salle de restaurant. Le responsable nous gratifie de mille thank you. Retour dans notre cagibi digérer le festin. Fin de l'aventure Round the Mountain Track.



1 commentaire:

  1. chouette histoire! come dirait le jey, je bois vos parole (ou un truc du genre il a dit!)
    et comme dirati le jey, qui est mon mentor vous le voyez, il est bizarre ce blog parce qu'il me semblait avoir mis un commentaire sur une photo que j'avasi trouvé trop belle et j'ai pas revu ni le com, ni la photo, alors moi je vous pose la question madame, a quoi ça sert qu'on fasse des commentaires si les responsables nous les enlèvent, hein? alors?
    bon vu que je suis sur ma lancée, je vous fais des bisousavousdeux!
    martin l'anonyme!

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